Enquête publique relative au projet de remplacement du télésiège de Comborcière et à l’aménagement d’une nouvelle piste
Observations présentées au nom de l’association 3A Avenir et Animation des Arcs, par M Bernard Seligmann, vice-président de 3A
1 -Dossier d’enquête mis à la disposition du public sur le site Internet de la Mairie
Nous tenons à saluer cette initiative particulièrement heureuse.
2- Opportunité de l’opération
Avis très favorable au remplacement du télésiège actuel, lent et de débit limité, par un engin rapide et de débit horaire accru.
3- Caractéristiques du nouveau télésiège
Selon le résumé non technique, il s’agira d’un appareil d’occasion, créé pour Val Thorens en 1991, « rénové et reconditionné ».
Quelles garanties de longévité seront données par le constructeur pour un appareil datant, selon le tableau des caractéristiques techniques, de 1991 et donc déjà vieux de 27 ans lors de sa mise en service aux Arcs ?
Selon le même tableau, le temps de transport sera divisé par deux (passant d’environ 11 minutes à environ 5 minutes 1/2). Par contre, le débit horaire, passant de 1800 à 2400, ne serait, selon ce tableau, accru que d’un tiers. N’est-il pas possible de faire mieux pour cet ouvrage ramenant les skieurs du vallon de l’Arc à Arc 1600, où se construisent des lits supplémentaires (notamment 1000 lits touristiques au nouveau Club Med) ?
Nous regrettons que, sans doute pour des raisons financières, le nouvel appareil ne soit pas au standing de confort des appareils modernes, comme celui, contigu, du Pré Saint Esprit mis en service en décembre 2017 (bulle de protection contre le mauvais temps, sans même parler des sièges chauffants).
4- Aménagement d’une nouvelle piste (dite « du loup » dans le dossier), piste rouge dédoublant la piste noire actuelle.
Cette création est intéressante pour les skieurs pouvant être rebutés par les difficultés de la piste noire difficile à entretenir.
Pour autant son aménagement ne sera pas sans conséquence négative sur la qualité paysagère et le caractère sauvage de la combe de Comborcière, dont une grande partie est restée jusqu’à présent dans son état naturel et particulièrement riche en arolles, arbres rares en Tarentaise et aux Arcs, et méritant d’être préservés au maximum même s’il ne s’agit pas d’espèces juridiquement protégées (comme, par exemple, la primevère du Piémont).
Nous regretterons à cet égard que l’étude d’impact n’ait pas analysé plus en détail les plantations d’arolles existantes. Elle se borne en effet (p.102) à noter que la « forêt est relativement clairsemée » (ce qui est la caractéristique même des boisements d’arolles), et que ce type de boisement est « certes relativement rare mais ne présente pas les caractéristiques idéales pour en faire un lieu d’accueil pour l’avifaune locale » (en négligeant ainsi sa valeur paysagère et patrimoniale).
Le nouveau tracé imposera des défrichements notables dans « une zone plantée de pins à crochets ». Le dossier fait ainsi état du défrichement d’une surface de 2,92 ha (au total pour la piste et pour le télésiège). Il indique seulement (p.277) que le débroussaillement sera réalisé en limitant au maximum les lisières rectilignes et en gardant au maximum des strates arbustives et sous-arbustives ».
Nous plaidons pour que les arolles aussi soient conservés au maximum, ce qui implique, avant les travaux, un repérage précis de leur implantation, et, pendant la conduite des défrichements et des terrassements, une attention particulière à leur conservation maximale.
On soulignera enfin que, s’agissant d’arbres à croissance très lente, difficile et aléatoire, s’accrochant généralement aux rochers en raison de leur mode de reproduction très particulier (germination de graines habituellement cachées dans les anfractuosités rocheuses par les « casse-noix mouchetés »), les compensations par reboisement sur d’autres parcelles forestières qui sont par ailleurs prévues en accord avec l’ONF ne sont aucunement de nature à compenser le préjudice résultant de leur abattage.

L’arolle, une richesse patrimoniale des Arcs à préserver.
5 La suppression de possibilités de stationnement au Pré-Saint-Esprit
L’étude d’impact mentionne (p. 234,-235) que « la réalisation du projet va revaloriser le secteur de Pré-Saint-Esprit aujourd’hui peu attractif… ». Elle indique, sans autre précision, qu’« elle va cependant supprimer un nombre de places de parking important pour les skieurs qui souhaitent se rendre sur le domaine skiable ou déjeuner chez les deux restaurants du Pré- Saint-Esprit ». Elle ajoute, curieusement, qu’il faut « noter cependant que ce parking est surtout utilisé par les saisonniers (stationnement de longue durée) ».
Il faut tout d’abord souligner qu’il existait, avant la reconstruction du télésiège de Pré-Saint-Esprit, un très vaste parking, très utilisé en hiver par les skieurs arrivant en voiture, ou en car, pour accéder directement dans la journée au très vaste domaine skiable de la vallée de l’Arc. La reconstruction du télésiège du Pré-Saint-Esprit a supprimé la quasi-totalité de ce parking.
L’étude d’impact de la reconstruction de cet ouvrage présentée en 2017 a totalement occulté ce sujet majeur. La présente étude d’impact ne l’a pas oublié, mais n’a pas pour autant véritablement traité le sujet.
Nous demandons que le maitre d’ouvrage de la reconstruction des deux télésièges de Pré-Saint-Esprit et de Comborcière indique au commissaire enquêteur le nombre de places de stationnement ainsi supprimées.
La suppression de ces places de stationnement n’est pas totalement irrémédiable. En particulier, le nouveau télésiège de Comborcière sera rapproché de son voisin d’environ 150 m, dégageant ainsi un espace utilisable pour le stationnement.
Nous demandons que le maitre d’ouvrage de la reconstruction des deux télésièges nécessitant la suppression d’un vaste parking qui était fort utilisé en hiver, compense, au moins partiellement, ce grave inconvénient en prenant en charge l’aménagement d’une surface de stationnement au Pré-Saint-Esprit exploitant au maximum l’espace entre les deux télésièges et la route départementale.
6- La sécurité des skieurs venant du secteur de Villaroger et du Plan des Violettes
Les nouveaux aménagements de remontées mécaniques attireront un nombre accru de skieurs venant des pistes du secteur de Villaroger et du Plan des Violettes de l’Aiguille Rouge, notamment pour revenir sur la station d’Arc 1600 grâce au TS de Comborcière rendu plus commode. Ces skieurs qui descendent la piste de Rhonaz sont obligés de traverser à pied la route départementale dans des conditions rendues dangereuses par la configuration des lieux (traversée en plein dans un virage avec une perte de visibilité pour eux et surtout pour les véhicules descendant souvent à trop vive allure). Au même endroit, la sortie du parking desservant les deux restaurants pour prendre la direction d’Arc 1600 se fait également sans visibilité.
Nous demandons que soient étudiées des dispositions de nature à améliorer significativement la sécurité routière. Cela pourrait inclure, outre la pose de panneaux de signalisation appropriés, la suppression des constructions qui obèrent cette visibilité (le chalet servant actuellement aux ambulanciers et l’abri de l’arrêt des navettes dans le sens amont qui pourrait –nous semble-t-il– être utilement déplacé au niveau de l’actuelle gare aval du TS de Comborcière).
Nous vous remercions par avance des suites qui pourront être données aux présentes observations.
Bernard Seligmann
vice-président de 3A
Voici ce dossier d’enquête de la Mairie (voir le Résumé Non technique – Télésiège de Comborcière et Piste du Loup en pdf) :


