Fosun, le conglomérat du milliardaire chinois Guo Guangchan qui a pris le contrôle du Club Méditerranée en 2015, est en négociations en vue de prendre une participation, de l’ordre de 10% à 15%, dans la Compagnie des Alpes.
Fosun deviendrait ainsi l’un des principaux actionnaires de la société qui exploite onze des plus fameux domaines skiables français (Tignes, Val-d’Isère, Les Arcs, les Deux Alpes, etc.), ainsi que le Parc Astérix, le musée Grévin, ou encore le Futuroscope de Poitiers.
Plus de détails ici:Le chinois Fosun négocie son entrée dans la Compagnie des Alpes
Le quotidien économique « Les Echos » publie le 11 juillet 2016 le texte suivant:
Compagnie des Alpes : fronde des élus contre l’entrée de Chinois au capital
Le 11/07 à 06:00
Le projet d’ouverture du capital de la Compagnie des Alpes (CDA) à un partenaire chinois suscite la fronde des élus locaux concernés par l’activité du numéro un mondial des remontées mécaniques, opérateur notamment de onze grands sites alpins – La Plagne, Tignes, les Arcs, les Deux Alpes, Val d’Isère, Serre-Chevalier… Alors que l’ancien ministre Hervé Gaymard, président du département de la Savoie (LR), a déjà interpellé le gouvernement à l’Assemblée nationale courant juin, les partisans du projet, pouvoirs publics, la CDA et son actionnaire de référence, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC, environ 40 % du capital) font face à une mobilisation générale.
Dans un communiqué publié vendredi, le président de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez (LR), Hervé Gaymard et ses homologues des départements de la Haute-Savoie (Christian Monteil, divers droite) et de l’Isère (Jean-Pierre Barbier, LR) déclarent en effet refuser « de laisser la Compagnie des Alpes brader les stations de ski françaises aux étrangers » et demandent la « suspension du processus d’ouverture du capital à des investisseurs étrangers ».
Les élus proposent à la place d’instaurer « un groupe de travail » entre la CDC, la CDA et les collectivités locales concernées et soulignent « la stabilité de l’actionnariat régional ». Ce dernier compte notamment trois banques – Crédit Agricole des Savoie, Banque Populaire des Alpes, Caisse d’Epargne Rhône-Alpes – représentant environ 15 % du capital.
Rappelant que l’activité de la CDA s’appuie sur des concessions de service public accordées par les communes, les élus appellent à un renforcement de cet actionnariat régional avec une éventuelle prise de participation des collectivités locales ou un renforcement des banques régionales. A contrario, ils estiment qu’une possible entrée au capital de la CDA du conglomérat Fosun, le propriétaire du Club Méditerranée dont le nom circule comme éventuel partenaire, skiables « présente plusieurs risques majeurs pour l’avenir des domaines».
Si Fosun a effectivement pris langue avec la CDA et serait preneur de 10 % à 15 %, ce groupe de Shanghai n’est qu’un candidat parmi d’autres, a déjà indiqué la CDA. Interrogé par «Les Echos», la filiale de la CDC a de surcroît confirmé n’avoir, à ce stade, « rien déterminé avec qui que ce soit ». Surtout, il est entendu que la Caisse restera l’actionnaire de référence de la société, un engagement pris par le ministre de l’Economie à l’Assemblée en réponse à Hervé Gaymard. Emmanuel Macron a même souligné toute l’importance de sa minorité de blocage.
La tournure polémique et politique du dossier pourrait compliquer les discussions que mène la CDA. Et il lui serait difficile de s’implanter en Chine sans partenaire local.
Christophe Palierse, Les Echos
L’intervention de Hervé Gaymard à l’Assemblé nationale le 23 mars 2016
Une interview de Dominique Marcel aux »Echos » le 22 juillet 2016
Le quotidien les Echos a publié le 22 juillet 2016 un entretien avec le directeur de la Compagnie des Alpes, Dominique Marcel, qui dément la prise de contrôle de la CDA par un investisseur chinois
Dominique Marcel : « Il n’a jamais été question de céder le contrôle de la CDA
Comment expliquez-vous une telle polémique ?
La raison doit l’emporter sur l’émotion, et il doit y avoir un malentendu. Peut-on raisonnablement penser que la Caisse des Dépôts (environ 40 % du capital, NDLR) brade ses intérêts à qui que ce soit ? La CDA est de surcroît cotée… Je comprends qu’il puisse y avoir des questions, car nous n’avons pas arrêté le dispositif. Nous travaillons sur plusieurs options, mais il n’a jamais été question de céder le contrôle à des Chinois.
Je suis très attaché à ce que la Caisse continue de jouer un rôle majeur. Par ailleurs, notre projet fait l’objet d’une concertation avec les élus. J’en ai parlé avec les maires de stations depuis de nombreux mois, et encore plus précisément avec une quinzaine d’entre eux les 1eret 30 juin dernier. J’ai le sentiment qu’ils comprennent l’intérêt de notre développement à l’international. Je m’en suis également entretenu avec Laurent Wauquiez et Hervé Gaymard.
Pourquoi la Chine ? Le potentiel de développement y est formidable, en particulier avec les Jeux Olympiques d’hiver de Pékin de 2022. On prévoit à cette échéance 10 millions de skieurs en Chine. Songez que si seulement 1 % des Chinois faisaient cinq jours de ski par an, cela représenterait 65 millions de journées-skieur, soit nettement plus qu’en France, la première destination mondiale pour le ski.
La France est en retard par rapport à la concurrence autrichienne et nord-américaine et il n’y a donc pas de temps à perdre ! Nous y avons pris pied avec notre activité de conseil, il faut désormais y investir aux côtés de partenaires. Mais l’objectif est bien aussi de faire venir la clientèle chinoise dans les Alpes et donc, vous le voyez, il n’est pas question de sacrifier nos investissements dans l’économie alpine, aujourd’hui à un niveau sans précédent et régulée par le régime des concessions. Je note que cette ambition est partagée par les entreprises de la montagne et les élus de terrain.Avez-vous identifié votre partenaire ? Il est question de Fosun, le propriétaire du Club Med, pour une part de 10 à 15…
Nous avons discuté avec plusieurs investisseurs, dont Fosun. Rien n’est arrêté, mais l’ordre de grandeur que vous indiquez pour la part d’un investisseur chinois est réaliste.
Pour clore le débat, pourquoi ne pas créer une société spécifique ?
L’idée d’une société commune est sur la table, mais une prise de participation au capital permettrait, entre autres, de mieux aligner nos intérêts. Ce montage est analogue à celui que vient de concrétiser Groupe Pierre & Vacances Center Parcs avec HNA.
Comment se présente la fin de l’exercice 2015-2016 ?
A périmètre comparable, le chiffre d’affaires pour les neuf premiers mois augmente de 3,8 %. Dans un contexte difficile, nous faisons preuve d’une grande résilience dans nos deux métiers. S’agissant des parcs de loisirs, l’activité devrait être en ligne sur l’exercice avec la très bonne performance de l’an dernier.
p align= »right »>Christophe Palierse, Les Echos
Le point de la situation en mars 2017


